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Glossaire : Termes et Définitions

On trouvera ici la définition de termes, dont certains créés par J.R.R Tolkien, et souvent employés par lui dans ses écrits. Ces définitions sont complétées par des indications sur les textes où apparaissent ces termes et expressions.

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Qu'est ce que le vieil-anglais, et l'anglo-saxon?

A Leeds, puis à Oxford, J.R.R. Tolkien a enseigné l’« anglo-saxon », c'est à dire la langue (germanique) parlée par les peuples anglo-saxons puis leurs descendants, du Ve au XIIe s. - ainsi que la littérature en cette langue langue, également appelée vieil-anglais. La période dite « anglo-saxonne » de l'histoire britannique a pris fin avec la conquête normande, en 1066.

Qu'est-ce que la langue dite « maternelle » ?

C'est la langue qu'un individu apprend en premier, la langue liée à l'environnement et à l'usage. A ne pas confondre avec la « langue natale » (voir ci-dessous).
Voir les Lettres, l'essai « L'Anglais et le Gallois », et les « Notion Club Papers ».

Que signifie « eucatastrophe » ?

La « bonne catastrophe » est l'événement marquant le dénouement du conte (de fées).
Ce terme a été inventé par l'auteur, à partir du mot catastrophe (du grec kata qui évoque un mouvement vers le bas et strophe, un tournant), qui désigne le revirement de fortune menant à la chute du protagoniste, dans les tragédies grecques. En ajoutant le préfixe grec eu (« bon »), Tolkien renverse la signification (et le sens) puisque le « tournant » mène vers le dénouement heureux, le happy end.
Voir « Du conte de fées », Le Seigneur des Anneaux.

Qu'est-ce que la « Faërie » chez J.R.R Tolkien ?

Ce nom archaïque désigne à la fois le Pays féerique et la magie attachée à ce lieu. L'empruntant à la poésie médiévale, J.R.R. Tolkien l'emploie pour évoquer, d'une part, l'Autre monde (la réalité parallèle au monde ordinaire, sur le plan spatial et temporel) ; d'autre part, l'état mental ou la disposition psychologique - légèrement - altéré(e) par l'enchantement, en particulier par les mots quand ils servent à créer.

Dans la nouvelle intitulée Smith de Grand Wootton, Faërie est le lieu magique et la disposition magique auxquels le héros, Smith, accède à travers l'espace et le temps ; et qu'il ne quitte qu'à contre-cœur pour regagner le monde « réel ». Dans Le Seigneur des Anneaux, on pourrait citer la Lórien.

Voir « Du Conte de Fées »,  Smith de Grand Wootton

Peut-on définir la « fantasy » ?

La fantasy est le contraire de la réalité : faite d'images étranges et merveilleuses, distinctes de la réalité observée (voir Faërie), elle constitue l'un des éléments indispensables du conte de fées.
Comme Tolkien le savait parfaitement, le mot fantasy – que l'on conserve le plus souvent sous cette forme, en français – provient du grec phantazein (« rendre visible »), qui renvoie à la faculté, en particulier de celle qu'ont les mots, de créer dans l'imagination des choses qui n'existent pas dans Monde Primaire*.
Voir « Du Conte de Fées ».

Que signifie « Legendarium » ?

J.R.R. Tolkien l'employait pour désigner l'ensemble des histoires et poèmes liés à la Terre du Milieu. Il s'agit d'une variante du nom légendaire, pris dans le sens ancien d'un « ensemble de légendes ». Le suffixe -arium, d'origine latine, désigne un lieu (comme dans planetarium), ce qui fait passer du substantif singulier légende à un pluriel collectif, un « réceptacle » à légendes. Il est possible que J.R.R. Tolkien ait utilisé le terme pour distinguer sa mythologie imaginaire de mythologies du monde « réel », primaire.

Que désigne la « Terre du Milieu » ?

Cette expression ancienne, désigne les terres habitées par les humains, situées au milieu des mers. En anglais moderne, Middle-earth provient du moyen anglais Middel-erde, en lien avec le vieil-anglais Middangeard, et le norrois Midgard.
Le second élément, geard (en vieil-anglais) et gard (en norrois), évoque aussi l'idée de fermeture ou de protection (garder) ce qui évoque l'image d'un habitat humain assiégé depuis l'extérieur par des forces hostiles.

Voir Le Seigneur des Anneaux, Le Silmarillion, L'Histoire de la Terre du Milieu, Les Lettres

Qu'appelle-t-on « mythologie » ?

Il s'agit d'un ensemble, plus ou moins cohérent, d'histoires en prose ou en vers embrassant l'Histoire et les croyances d'une culture ou d'une communauté.
Dans une lettre souvent citée, J.R.R. Tolkien fait allusion à son intention première, alors qu'il était jeune homme, de créer une « mythologie » qu'il pourrait dédier « à l'Angleterre ». Toutefois, lorsqu'il évoquait sa propre fiction « mythologique », Tolkien utilisait plutôt, le plus souvent, le terme de legendarium, peut-être pour marquer la différence entre le produit de son imagination  et une mythologie « authentique », appartenant au monde réel.
Voir les Lettres, « Du conte de fées », « Beowulf : Les Monstres et les critiques »

Que signifie « mythopoeic » ?

L'adjectif mythopoeic signifie littéralement « qui crée des mythes » (du grec poiein, « créer »). Il est utilisé pour désigner l'acte de création de « mythes », dans l'œuvre de J.R.R. Tolkien ; lui-même l'a employé comme titre pour le poème « Mythopoeia », publié dans Tree and Leaf (en français : dans Faërie et autres textes).

Qu'est ce que la « philologie » ?

La philologie, ou « amour des mots », consiste en l’étude historique, linguistique, critique, des textes et des manuscrits dans lesquels ils sont transcrits.
J.R.R. Tolkien se présentait souvent comme philologue, ce qu'il ne faut pas oublier lorsque l'on lit son œuvre.

 

Qu'est-ce que la « langue natale » ?

La « langue natale » est la « préférence linguistique inhérente » à un individu, selon la formule de J.R.R. Tolkien, « natale » étant ici pris littéralement, puisque l'on « naît avec » cette langue.
Cette langue héritée s'oppose à celle que l’on apprend dans un environnement donné. On se rappelle que Tolkien a « reconnu » le vieil-anglais comme une langue familière, la première fois qu’il a été mis en contact avec elle. A distinguer, donc, de « Langue maternelle », définie plus haut.

Voir les Lettres, « L’anglais et le gallois », les « Notion Club Papers ».

Qu'appelle-t-on « Monde Primaire » chez Tolkien ?

Le monde de la « réalité » de tous les jours : notre monde, tel qu’il est perçu et reflété dans le langage ordinaire. Le Monde Primaire est une création originale, directement de la main du Premier des Créateurs, Dieu.

Voir « Du conte de fées »

Qu'est ce qu'un « romance » ?

Le terme anglais romance, qui remonte aux années 1300, désignait une histoire récitée ou écrite décrivant les aventures d'un chevalier ou d'un héros, contenant des aventures et des faits merveilleux. C'est dans ce sens que J.R.R. Tolkien employait le terme, et que nous l'employons aussi, dans un petit effort de réhabilitation.

Le sens plus tardif (et qui a pris le dessus) renvoyant à une histoire d'amour semble dater du XVIIe siècle, et même de 1916 pour le sens le plus moderne.

Qu'est-ce que la « Créance secondaire » ?

Egalement appelée « enchantement » par Tolkien : il s'agit de l'état produit par la suspension de l’incrédulité, du scepticisme, face à la merveille ou au surnaturel.
Voir « Du conte de fées »

Qu'appelle-t-on « Monde Secondaire » ?

Il s'agit de Faërie, un autre monde conçu par l’imagination, créé dans l’esprit du lecteur par les mots.
Voir « Du conte de fées »

Que signifie « subcréation » ?

Ce terme désigne le fait de réarranger des mots ou des images d'une manière inattendue, pour dé-familiariser le lecteur et donner naissance à un Monde Secondaire. Le Monde Primaire est, quant à lui, une création originale du Premier des créateurs, Dieu.

Voir « Du Conte de Fées »

Que signifie « subcréateur » ?

Ce terme désigne celui qui « crée », à l'imitation de la Création, à partir d'une matière existante et de motifs, tels les mots, la peinture, l'argile - donc dans un lien de dépendance et de subordination avec Dieu, le Créateur. Il désigne donc l'humanité, qui crée à l'exemple de Dieu.

Voir « Du Conte de Fées », Le Silmarillion, L'Histoire de la Terre du Milieu


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